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 la pêche à la morue

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kosettebreizh35
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MessageSujet: la pêche à la morue   Lun 2 Aoû - 17:57



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Pêche : La morue de la discorde
Claude Péridy

Durant quatre siècles, des marins bretons ont pratiqué la pêche à la morue dans le nord de l'Atlantique. Une activité rémunératrice, certes, mais qui a traversé des périodes difficiles et connu bien des aléas et des drames.

Aussi bizarre que cela puisse paraître, la pratique religieuse est étroitement liée à l'histoire bretonne de la pêche à la morue, tout au moins à ses débuts. En ce temps-là, en effet, on ne badinait pas avec l'observation de l'abstinence alimentaire imposée, certains jours, par les commandements de l'Eglise. On n'en comptait pas moins de cent cinquante dans l'année, carême compris. C'est dire que cette règle interdisant la consommation de viande causait, sur le plan pratique, de sérieux problèmes de nourriture à la population, principalement dans l'arrière-pays, où la présence du poisson de mer frais sur les tables était exceptionnelle. Aussi les pêcheurs du nord de la Bretagne se précipitèrent-ils sur les lieux pour satisfaire les besoins du marché quand ils apprirent l'existence de bancs de morue aux environs de Terre-Neuve entre l'Islande et le Canada et qu'ils eurent vent des moyens de conservation utilisés dans ces régions. En Armorique, la demande était particulièrement pressante dans les communautés religieuses où l'application stricte du précepte catholique les jours « maigres » plongeait les autorités dans l'embarras. En témoignent les interventions réitérées de l'abbaye de Beauport, à Paimpol, auprès des pêcheurs de Bréhat.

« La Jaquette » contestée
Cette épineuse question du substitut à la viande étant réglée grâce aux apports des morutiers, avec le temps, une controverse s'ensuivit rapportée par les historiens. Il s'agissait, cette fois, de savoir qui des pionniers bretons avaient ouvert la route de Terre-Neuve. Aux pêcheurs du Val-André, prétendant qu'ils étaient les premiers, ceux de Bréhat opposèrent que, lorsque « La Jaquette » de Dahouet arriva, en 1510, dans l'embouchure du Saint-Laurent, cela faisait déjà une cinquantaine d'années qu'une goélette bréhatine l'y avait précédée. Pour preuve, les transactions passées entre le patron de celle-ci et les moines de Beauport. Un argument qui toutefois ne donna pas entière satisfaction, car restait à expliquer pourquoi, sur ces terres lointaines et glacées, un certain nombre de caps et de havres portaient le nom de lieux-dits de Saint-Malo et de ses environs, tels que Saint-Lunaire, Boutitou et Saint-Julien. Ces dénominations ne témoignaient-elles pas d'une présence malouine plus ancienne encore dans ces parages ? Le débat reste ouvert encore aujourd'hui. Toujours est-il que des écrits du XV e siècle plaident dans ce sens. Ils rapportent qu'à l'époque, la morue séchait partout à Saint-Malo devant les remparts et les maisons.

Bretons contre Esquimaux
Certes, la pêche à la morue de Terre-Neuve faisait le bonheur de la population bretonne, en dépit de la saumure qui coulait dans les ruisseaux et empuantissait l'atmosphère. Pour autant elle n'allait pas sans heurts avec les autochtones canadiens et les Esquimaux du Labrador pratiquant, eux, la chasse au loup marin dans ces mêmes secteurs. Les querelles avec les pêcheurs malouins, paimpolais et briochins tournaient parfois aux affrontements sanglants. Au point qu'en 1610 les morutiers de Saint-Malo se trouvèrent dans l'obligation de solliciter l'assistance de deux navires de guerre pour assurer leur protection et ce dans le contexte du conflit armé opposant alors la France à l'Angleterre au sujet, précisément, de Terre-Neuve, chacun de ces deux pays revendiquant la possession de cette île. Vaille que vaille, pourtant, l'armement morutier breton poursuivit son développement, qui sur la côte est du Canada, qui au voisinage de l'Islande. Un recensement effectué en 1664 fait apparaître que Saint-Malo comptait à lui seul 61 bateaux équipés pour cette pêche.

Les risques du métier
Les autres ports « islandais » du nord de la Bretagne n'étaient pas en reste. Paimpol, pour sa part, en possédait près d'une centaine à la fin du XIX e siècle. L'armement morutier progressait sur la Manche, mais pas seulement en nombre. Contredisant les prévisions de l'eexplorateur malouin Jacques Cartier qui, en 1550, déclarait qu'on ne verrait jamais en Bretagne de navires de pêche jaugeant deux cents tonneaux, un siècle plus tard Saint-Malo possédait sept terre-neuviers dépassant ce tonnage et, peu de temps avant la Révolution, la moyenne des bateaux bretons armés pour la morue s'élevait à 190 tonneaux. La sécurité des équipages n'en était pas pour autant mieux assurée. A Terre-Neuve, le navire jetait l'ancre dans les hauts-fonds et les hommes se répartissaient par groupes de quatre dans les doris qui partaient à la recherche des bancs de poissons. Sur la mer formée, le danger était ici quasi permanent, tant pour les pêcheurs penchés sur leurs lignes que pour le voilier lui-même. Durant les quatre-vingt-trois années de la grande aventure paimpolaise en Islande, cent-vingt goélettes ne revinrent jamais à leur port d'attache et l'on dénombra environ deux mille victimes.

La foire aux matelots
Le recrutement des marins s'effectuait vers douze ou treize ans. E l'entrée de l'hiver, les patrons de morutiers faisaient le tour des auberges de campagne à la recherche de jeunes paysans désireux de quitter la terre dans l'espoir d'un avenir meilleur. Par ailleurs, se tenait, en décembre, au Vieux-Bourg, près de Saint-Malo une foire annuelle où, venant des localités voisines, se rassemblaient les candidats à l'embarquement. D'autres, enfin, reconnaissables à leurs béret et chemise de laine, venaient directement tenter leurs chances sur les quais de Saint-Servan et de Saint-Malo. L'accord se concluait généralement dans un cabaret voisin, devant une bolée de cidre ou un verre d'eau-de-vie, avec, en prime, un petit acompte en espèces sur le montant des pêches à venir. Plus le ciré, la couverture de laine et la paillasse. Toutefois, le contrat comportait aussi des désavantages qui, souvent, passaient inaperçus des futurs matelots ne sachant ni lire ni écrire. En cas de naufrage, par exemple, ils étaient tenus d'embarquer sur un autre bateau, sans compensation de salaire, les fortes têtes étant traduites en Justice.

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kosettebreizh35
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MessageSujet: Re: la pêche à la morue   Lun 2 Aoû - 17:59

Les pêcheurs ont coutume de dire que la morue est le cochon de la mer. Il est vrai que ce poisson est, hormis les arêtes et les boyaux, entièrement comestible. Sa chair est savoureuse, tant fraîche que salée. Sa langue et ses joues sont des mets très fins. Sans compter l’huile, tirée de son foie, qui fortifie si bien les enfants…

Malheureusement, cette ressource a été surexploitée. Il ne reste plus guère de beaux cochons de plus d’un mètre de long comme on en voyait encore dans les années 60. Les puissants chalutiers russes, français, espagnols, portugais, etc, ont tout ramassé. Ils prélevaient parfois plus de 50 tonnes d’un seul coup de chalut ! Maintenant la communauté internationale fixe des quotas, mais n’est-il pas trop tard ?

En 1969 et 1970, la France alignait encore trente-cinq gros morutiers sur les bancs. Il n’en reste plus un seul. Leurs ports d’attache étaient Fécamp, Saint-Malo (Pléven) et Bordeaux. Les Portugais envoyaient encore à cette époque des goélettes sur les bancs et pêchaient en doris.

Les goélettes de la Marine Nationale, l’ « Etoile » et la « Belle-Poule » mesurent 32 mètres de long. Celles qui partaient en Islande faisaient entre 23 et 35 mètres et, comme on dit : « Plus le bateau est petit, plus la mer est mauvaise ». L’Atlantique nord qu’il fallait bien traverser, à l’aller comme au retour, est particulièrement mal pavé. Quantité de bateaux se perdaient dans les tempêtes sans avoir de balise de détresse à déclencher comme nos modernes « skippers » du Vendée-Globe.

Pierre Loti a écrit un roman un peu larmoyant mais assez bien documenté, qui a le mérite de mettre en lumière les dures réalités du « grand métier » : « Pêcheur d’Islande » (1886). A cette époque, Paimpol était le second port morutier français après Dunkerque. En fait, tous les ports, de Dunkerque à Saint-Jean-de-Luz, armaient à la morue. Binic en était, le Légué aussi. A Langueux, des marins, principalement des Grèves, s’embarquaient pour l’Islande.

Je n’ai pas l’intention de rédiger une thèse sur la pêche « à Islande », d’autres beaucoup plus compétents l’ont fait avant moi. Il s’agit simplement de mettre en valeur un contrat d’embarquement à la grande pêche rédigé en 1770. La liste d’équipage me paraît pléthorique (une centaine de marins), l’effectif d’une goélette fin XIXè était de 25/30 hommes. Il est vrai que c’était un siècle plus tard.

Avant le départ, l’équipage de « la Thémis », navire appartenant à demoiselle Péronnelle Richard demeurant à Binic, paroisse d’Etables, était réuni chez le notaire afin d’entendre lecture de leur contrat d’embarquement et de le signer. Le navire devant aller à Terre-Neuve et ramener du bon poisson au port que l’armatrice lui désignerait.

Article 1 – Si des marins étaient arrêtés par la maréchaussée avant le départ, ils devraient rendre leurs avances (denier à Dieu). Les héritiers de ceux qui mourront pendant le voyage ne pourront prétendre à rien.

Article 2 – Une quinzaine après le retour, l’armateur paiera les salaires convenus, déduction faite de 6 deniers par livre qui seront attribués aux « Invalides » (1ère sécurité sociale, instituée par Colbert).

Article 3 – Le navire prêt à mettre en rade, tous les engagés se rendront à bord, chirurgien compris. Les défaillants seront remplacés par des intérimaires qui seront payés par des retenues sur leurs salaires.

Article 4 – Pendant que le navire sera en rade, les engagés aideront à faire le chargement. Ils veilleront à la sûreté du navire, à peine d’en supporter personnellement les évènements. Ils feront le quart par tiers, jour et nuit. Leur seul salaire durant cette période sera leur nourriture.

Article 5 – Le navire paré à faire voile, les engagés se rendront à bord sous peine d’être traités comme déserteurs, de restituer leurs avances et de supporter toutes les conséquences.

Article 6 – Ceux qui seraient malades au départ devront s’embarquer sur un autre navire pour rejoindre le leur sur les bancs, sinon ils devront rembourser leurs avances.

Article 7 – Le navire sous voiles, les salaires seront acquis lorsqu’il sera avancé au-delà de l’île de Bréhat. Les engagés ne pourront en aucun cas abandonner le navire jusqu’à l’achèvement du voyage, sous peine d’être traités comme déserteurs.

Article 8 – Si par malchance le navire se trouvait incapable de naviguer (avaries, échouement…) les engagés seront tenus de s’embarquer sur le navire qui leur sera désigné afin d’achever le voyage, sous peine de devoir rembourser leurs avances, payer des dommages et intérêts. Ils s’y obligent « par corps et en leurs biens ».

Article 9 – Si le navire venait à être immobilisé par décision administrative en quelque port que ce soit, dès qu’ils le pourront ils rapporteront le produit de leur voyage. Ils s’y obligent « par corps et en leurs biens ».

Article 10 – Les préparatifs de pêche se feront pendant le voyage aller afin d’être prêts en arrivant sur les lieux de pêche. Les marins obéiront au capitaine lors de la distribution des tâches. Si le navire venait à être inutilisable pour quelque raison que ce soit, les engagés devront s’embarquer sur tout autre navire qui leur sera désigné et y travailler de la même manière sous les mêmes peines que ci-dessus.

Article 11 – Arrivé à la côte et le havre (base terrestre) pris, les engagés travailleront aux équipements destinés à recevoir la pêche. Si le capitaine venait à décéder, ils obéiront à son remplaçant. Il est défendu de jurer ni blasphémer le saint nom de Dieu, de se mutiner, de se quereller, sous peine de punition exemplaire suivant l’ordonnance en vigueur.

Article 12 – Le capitaine, les officiers et les matelots qui l’auront mérité bénéficieront de « la part de pêche ». Elle représente le 1/5è du produit net de la vente du poisson. La part de pêche sera répartie entre toutes les têtes (méritantes) de l’équipage.

Article 13 – Les huiles (de foie de morue) et autres émoluments (joues, langues) qui reviennent traditionnellement à l’équipage seront réparties au prorata de ce que chacun aura pêché.

Article 14 – Pendant la pêche, les engagés ne devront pêcher que pour l’armateur sous peine de confiscation et autres peines.

Article 15 – Si, pour une raison ou pour une autre, le capitaine doit acheter du sel, l’équipage est obligé de l’utiliser (comme il aurait fait du bon sel breton d’origine…) Pas de mauvais prétextes pour flemmarder !

Article 16 – De retour au pays, obligation de décharger le navire et de mettre la cargaison en lieu sûr. L’obligation est valable pour tout port de déchargement désigné par l’armateur, en France comme à l’étranger. Les parts seront payées un mois après la fin complète du voyage. Le capitaine peut débarquer les engagés excédentaires en fin de voyage, il devra alors leur payer trois sols par lieue qu’ils auront à parcourir pour rentrer chez eux (frais de route).

Article 17 – Toute perte de matériel (doris, approvisionnements, outils, sel, etc) qui interviendrait avant ou pendant la pêche sera déduite de la part de pêche.

Article 18 – Supposons que le capitaine, ayant déchargé son navire à Lisbonne, trouve du fret à remonter à Binic, l’équipage est tenu de l’accepter. Une fois le navire mis en sûreté et dégréé, après une quinzaine franche ils seront payés pour ce supplément de travail, sans pouvoir y prétendre avant.

Article 19 – Obscur… Frais de route en cas de débarquement au-delà de Gibraltar… Le salaire de ceux qui seront morts pendant le voyage cessera le jour de leur décès… En cas de prise (par un ennemi), de bris (navire endommagé) ou de naufrage, les engagés ne pourront prétendre à aucun « loyer » ni frais de conduite en allant dans le détroit ou ailleurs ou rétrogradant une ou plusieurs fois (Je ne saisis pas très bien).

Article 20 – Quitter la pêche au cours du voyage ou se débiner pendant le déchargement implique la restitution des avances, la perte de la part, le remboursement du manque à gagner dû à leur défection, le paiement de dommages et intérêts. Les coupables subiront en outre les rigueurs de l’ordonnance qui sanctionne ce genre de faits.

Article 21 – Lors d’une entrée dans un port : déclaration aux douanes des marchandises transportées par chacun. Interdiction d’embarquer du tabac et autres marchandises prohibées sous peine d’en subir personnellement les conséquences. En cas d’insolvabilité, tout l’équipage assumera solidairement…

Article 22 – Happy end : tout s’est bien passé, voyage exemplaire, aucun incident, bonne pêche, le bateau rendu dégréé et propre comme un sou neuf, l’armatrice s’engage à payer l’équipage sous quinzaine.

Suivent les noms des engagés :

Etables : 72 personnes
Saint-Quay : 5
Tréveneuc : 2
Saint-Loup : 1
Plourhan : 5
Pordic : 8
Lamballe : 2
Tréméloir : 1
Saint-Brieuc : 1
Saint-Malo : 1
Bréhat : 1

On peut constater que la paroisse d’Etables était bien représentée ! Demoiselle Péronnelle Richard, si elle donnait du boulot aux gars du village, assumait également une énorme responsabilité (morale) en cas de naufrage !

L’esprit du contrat ci-dessus se retrouve encore partiellement dans les actuels contrats d’engagement maritime. En moins féroce, naturellement. Il existe toujours un code disciplinaire et pénal de la Marine Marchande. La part de pêche est toujours d’actualité. Seul le poisson n’est plus au rendez-vous. La grande pêche, au nord de l’Irlande, est toujours un métier infernal. Malgré la modernité des chalutiers, les naufrages ne sont pas rares. Contrairement aux marins qui, eux, le deviennent de plus en plus.
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MessageSujet: Re: la pêche à la morue   Lun 2 Aoû - 18:00

Terre-Neuve, une île très convoîtée

Terre-Neuve est une grande île (plus de 100 000 km2, soit 1/5 de la superficie de la France) face à l'estuaire du Saint-Laurent. Les Vikings s'y installèrent vers l'an 1000, après avoir colonisé l'Islande, puis le Groenland. Les sagas islandaises dénommaient cette île le "Vinland", en raison de sa luxuriante végétation de vigne sauvage, alors que son climat paraissait beaucoup plus doux qu'aujourd'hui.
L'île est retrouvée et appelée Terre-Neuve lors des Grandes découvertes, vers 1495-1500. Les navigateurs sont stupéfaits par l'abondance des morues qui vivent dans ses parages.
L'annonce de cette manne se répand très vite dans les ports de l'Océan. Pêcheurs portugais, basques, bretons, normands et anglais se retrouvent sur les bancs de Terre-Neuve et dans les havres de l'île au début de chaque printemps. Louis XIV établit sa souveraineté sur l'île, qui devient le bastion avancé de la Nouvelle France. Lors du traité d'Utrecht (1713), Terre-Neuve passe sous la domination de la Grande-Bretagne. Cependant, les pêcheurs français conservent le droit de s'y établir durant la saison de la pêche: c'est le régime du "French Shore".




Les bancs de Terre-Neuve


La richesse halieutique des bancs de Terre-Neuve s'explique par la rencontre des eaux douces du Saint-Laurent avec les courants océaniques du Gulf Stream et du Labrador, ce qui crée un milieu très favorable pour la reproduction et la nourriture des morues. Chaque banc constitue comme un immense terroir océanique, dont les chemins d'accès et les limites sont néanmoins parfaitement connus des terre-neuvas. Le Grand Banc, au sud-est de Terre-Neuve, reste le plus fréquenté aux XVIe-XVIIIe siècles; mais il y avait d'autres zones de pêche, au large du Labrador et de la Nouvelle

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MessageSujet: Re: la pêche à la morue   Lun 2 Aoû - 18:00

« Bal de Nuit » : Sur les chalutiers classiques le travail, sur les lieux de pêche, était organisé et les hommes du pont répartis en 3 bordées. Chaque bordée travaillait 12 heures et se reposait 6 heures : le quart de couche (avec un repas au début et un autre à la fin, soit environ 4 heures de sommeil). Il y avait en permanence 2 bordées sur le pont. Une bordée travaillait de 6 à 18 heures, la suivante de midi à minuit et la dernière de 18 heures à 6 heures du matin. Ensuite, la première reprenait à minuit et ainsi de suite, sans dimanche, et pour la durée de la pêche (soit 5 mois environ).
Le travail de 18 à 6 heures du matin était baptisé : Bal de nuit. C’était très pénible mais la « bistouille » à trois heures du matin redonnait le moral.
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MessageSujet: Re: la pêche à la morue   Lun 2 Aoû - 18:01

A l'époque de la "grande pêche", Saint-Malo était l'un des plus importants ports d'attache des bateaux faisant campagne pour Terre-Neuve.







Les bassins à flot étaient régulièrement envahis de Terre-Neuvas, surnom de ces bateaux spécialisés pour la pêche au long cours. Leur nombre était tel que beaucoup d'entre eux devaient mouiller au large de l'estuaire de la Rance, attendant leur tour pour embarquer les victuailles et l'équipage pour une nouvelle campagne



Abandonné depuis longtemps, il n'en reste aujourd'hui que quelques vestiges. Les coups de boutoir des tempêtes d'hiver éparpillent inexorablement un des derniers témoins de cette épopée sur les côtes du nord de l'Armorique ...

Avant le premier conflit mondial, 165 voiliers étaient encore armés pour la Grande Pêche ! La plupart étaient des 3 mâts jaugeant 200 à 500 tonneaux et embarquaient une trentaine d'hommes. Ils ont disparu les uns après les autres. En 1946, les deux dernières unités accostant encore dans les bassins étaient le "Commandant Louis Richard", transformé en bateau-école et désormais rallié à la flotte italienne sous le nom de "Palinuro" et le "René Guillon". Ce dernier a fini son existence en coulant en 1947, au large de la Malaisie. Son ancien commandant devint ainsi un des "premier maître à bord" du "Pingouin", l'un des chalutiers qui prirent la relève des Terre-Neuvas. Mais cette relève ne durera que quelques années, les bancs de cabillauds se raréfiant : les unités modernes se sabordaient elles-mêmes en pillant les eaux qui avaient nourri tant de générations !

Elles aussi disparaîtront les unes après les autres, par manque de ressources ...

Un grand nombre de ces marins étaient originaires des villages bordant la Rance.
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MessageSujet: Re: la pêche à la morue   Lun 2 Aoû - 18:04

Les chants des terre-neuvas
La pêche morutière a été le dernier grand métier maritime a avoir recours aux trois-mâts en France, et les vieux pelletas qui comptent plusieurs campagnes à la v6ile ne sont pas rares aujourd'hui. Grâce à leurs témoignages, on a une bonne connaissance de leurs chansons de bord, pourtant peu mentionnées dans les recueils de chants de marins.

La pêche à la morue sur les bancs de Terre-Neuve - qui remonte au 15e siècle - concernait à son apogée plus de trente ports français. Avant 1914, plus de deux cents trois-mâts et goélettes appareillaient pour les bancs, avec des équipages d'une trentaine d'hommes. Six ports seulement conservaient de l'importance aux derniers jours de la pêche à voile: Fécamp et Saint-Malo, puis Granville, Cancale, Saint-Servan et Paimpol.

La vie sur les bancs est décrite par tous les marins comme un des métiers les plus durs qui soient: neuf mois de campagne sans escale, en travaillant jusqu'à dix-huit heures par jour, sans dimanche, et dans une mer particulièrement rude (glaces, coups de temps, brouillard...). Contrairement aux long-courriers qui disposaient d'un peu de répit par beau temps, les terre-neuvas étaient toujours occupés: par la manœuvre, par l'entretien du matériel de pêche, par la préparation du poisson, par la pêche elle-même. Ils ont ainsi créé un répertoire bien particulier, où les allusions au métier sont fréquentes :




La pêche se pratiquait à partir des doris, petites embarcations à fond plat, d'où l'on allait, à deux matelots, tendre des lignes de fond et les rechercher ensuite. Les accidents étaient fréquents, les doris risquant, par temps de brume, de ne pas retrouver le bateau et de se perdre


A bord, on chantait surtout en travaillant le poisson. Opération longue et monotone, répétée tous les jours sur les bancs: le poisson, on l'ébreuille (on l'étripe), c'est le rôle de l'ébreuilleur; il le passe au décolleur, qui enlève la tête ; le trancheur ensuite enlève l'épine dorsale - travail délicat -, il jette le corps dans la baille de lavage où les mousses grattent le poisson pour l'énocter, puis celui-ci glisse dans la cale où le saleur le sale, le compte et le range. Pendant ce temps, on chante tout ce qui peut passer par la tête pour maintenir le moral et faire passer le temps. Sur les chalutiers classiques qui ont pris la relève des voiliers, le travail du poisson étant identique, la tradition de ces chansons s'est poursuivie jusque dans les années 1950.

Le guindeau avait une grande importance dans la vie des terre-neuvas: à chaque changement de mouillage sur les bancs, on devait passer de longues heures à virer l'ancre au guinde au à bringuebale. L'opération se faisait en chanson. Les derniers chants de guindeau français ont dû être menés dans les années 1920 par des pelletas.



Les terre-neuviers appareillaient avec la cale pleine de sel, lequel était utilisé au fur et à mesure de la pêche pour saler la morue. Il fallait donc faire de la place dans la cale pour le poisson pêché : pour cela on creusait des tranchées dans le sel à coup de pelle, c'est ce qu'on appelait "curer un run". Quatre à cinq hommes s'y employaient, relevés toutes les cent vingt pelletées, soit "une volée" d'un quart d'heure. Pour certains bateaux, on parle d'une douzaine d'hommes se relayant toutes les "cent quarante pelletées plus quatre". Personne ne faisait une pelletée de plus que l'autre, grâce à des chants qui servaient plus à compter qu'à donner un rythme.
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MessageSujet: Re: la pêche à la morue   Lun 2 Aoû - 18:08

je me souviens durant mon enfance il existait tous les ans une grande fête pour bénir les bâteaux et marins qui partaient en campagne pour des mois
c 'était le pardon des terre neuvas

Monseigneur Gouyon embarqué sur un navire bénit les bateaux et un sous marin dans le port de St Malo, à l'occasion du 39éme pardon des Terre-Neuvas. La bénédiction se poursuit sur terre. Cette cérémonie s'achève par le défilé d'un bagad dans les rues de la ville.



http://www.ina.fr/video/RYC9711268178/le-pardon-des-terres-neuvas-a-saint-malo.fr.html
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MessageSujet: Re: la pêche à la morue   Lun 2 Aoû - 18:09

Si la pêche est bonne, les voiliers terre-neuvas regagnent Saint Pierre et Miquelon au bout de quelques mois pour y débarquer la première pêche dite « morue verte » qui sera ramenée en France par des navires appelés « chasseurs », ou bien séchée sur les graves (plages de galet.Wink de l'île par les graviers (Jeunes manœuvres chargés de conditionner la morue à terre).
Après avoir débarqué leur chargement, les trois-mâts morutiers retournent sur les lieux de pêche. Suivant la saison, la boëtte change : du capelan (sorte de petites sardines), à l'encornet (petits calamars) en passant par un simple leurre en plomb quand la morue se trouve entre deux eaux.

Lorsque les cales sont pleines, en septembre ou octobre, les bateaux débarquent et mettent le cap sur la France.

Les bateaux qui reviennent (certains ont disparu corps et biens) n'ont pas toujours leur équipage au complet, des marins ont succombé à des maladies ou à des accidents, d'autres se sont noyés ou sont portés disparus avec leurs doris victimes de la brume.ou des glaces flottantes.

Dès le bateau à quai, la morue est déchargée, contrôlée (traces de « rouille » (moisissure ), et pesée sur des grandes balances à fléau.

‑Après le paiement de l'équipage en fonction de la pêche de chacun, le navire est emmené en hivernage où il sera répare et préparé pour la prochaine campagne de pêche.
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MessageSujet: Re: la pêche à la morue   Lun 2 Aoû - 18:10

L'histoire de la pêche "à l’Islande" comme on disait à l'époque, débute véritablement au XVIIIème siècle.

Les eaux islandaises furent alors exploitées par les Anglais, puis les Allemands et enfin les Français. Cette industrie devint florissante en premier lieu dans les ports du Nord comme Dunkerque et Graveline.

Ce n'est qu'en 1852, qu'une goélette, sur l'initiative d'un armateur de Paimpol quitta ce port breton pour les eaux islandaises.

La grande histoire islandaise de Paimpol s'étend sur soixante ans (1852-1915. Cette pêche déclina fortement avec la guerre 1914 (quatre bateaux en 1915, contre quatre-vingts en 1895), pour s'éteindre totalement en 1935 avec le désarmement de la dernière goélette, "La Glycine".

La morue était au début du siècle, et ce, depuis de nombreuses décennies, l'un des rares poissons, que l'on trouvait dans toutes nos villes, même celles les plus écartées du littoral, grâce à sa préparation (séchée et salée).

La morue se trouve dans les mers froides, et les bancs de pêche les plus connus et les plus poissonneux étaient ceux que fréquentaient les voiliers sur les bancs de Terre-Neuve, d’Islande et du Groenland. Ils ne pouvaient y travailler toute l'année en raison du mauvais temps et de la longueur des nuits d'hiver.

De nombreux types de bateaux furent essayés (brigantins, bricks, lougres, bisquines...). Non adaptés aux tempêtes de la mer d'Islande, beaucoup firent naufrage ; et, peu à peu, ce sont les goélettes qui s'imposèrent Elles furent conçues et modifiées progressivement grâce aux indications des capitaines, pour convenir au type de pêche et aux parages spécifiques de l’Islande.

Toutes ces études ont donné naissance à la goélette à huniers dont la silhouette est encore visible grâce aux deux goélettes de l'Ecole Navale : « L'Etoile » et la "Belle Poule", construites sur ce modèle
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kosettebreizh35
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MessageSujet: Re: la pêche à la morue   Lun 2 Aoû - 18:11

D'une longueur totale de 25 à 35 mètres pour une largeur de 6 à 7 mètres, ces bateaux avaient un équipage d'environ 22 hommes,

recrutés dans les cantons à dense population maritime des environs de PAIMPOL (Ploubazlanec, Perros-Hamon, pays de Tréguier, Binic, Etales, Saint Quay Portrieux ... ).

Une campagne de pêche durait de février à septembre. Pendant l'hiver, le rôle du capitaine était de faire effectuer les réparations sur son navire.

Pendant les semaines qui précèdent le départ l'armement est complété par l'embarquement des provisions, de l'eau, du vin, et du cidre (environ 25 barriques) qui sont stockés dans la cambuse ; tandis que la cale reçoit 120 à 130 tonnes de sel, les engins de pêche, les voiles et le gréement de rechange.

Le dimanche avant le jour d'appareillage, avait lieu à PAIMPOL le "Pardon des Islandais" auquel participait toute la population.

La procession et la bénédiction des islandais furent supprimées en 1904 à la suite d'un conflit, entre le clergé et la municipalité. Par la suite, un Pardon laïc, avec défilé et bal populaire, fut organisé.

Les navires appareillaient le jour de la grande marée qui se rapprochait le plus du 20 février. Après une traversée dont la durée variait entre huit et quinze jours les goélettes arrivaient en vue des côtes d'Islande. Une fois reconnu le point d'atterrissage le capitaine pouvait commencer la pêche.

Interdite dans les eaux territoriales, elle se pratiquait en général entre trois et dix milles des côtes. On emmenait,, la grand voile exceptée, et on laissait le bateau dériver.

Pour pêcher, les hommes se mettaient tout le long de la goélette face au vent, qui soufflait en bise glaciale, accompagné de rafales de neige aveuglante.

Les Dunkerqùois salaient les morues en "tonne" (tonneaux), tandis que les Paimpolais salaient en grenier; c'est-à-dire les poissons empilés et rangés à même la cale du bateau.

Lorsque la goélette est de retour au port après plus de six mois d'absence, les Islandais se précipitent chez eux et annoncent la quantité de morues pêchées, qui servira de base à leur salaire: 4 000 morues prises par homme constituait une pêche exceptionnelle alors que moins de 1500 était considéré comme médiocre. L'hiver beaucoup d'hommes d'équipage retournaient aux travaux des champs.

La région de PAIMPOL a payé un lourd tribut à la grande pêche : en 83 ans, il y eut plus de 100 navires naufragés et perdus corps et biens, soient 2 000 hommes.

Dans le danger, le marin fait appel à Dieu, le plus souvent par l'intermédiaire d'un Saint Patron, de la Vierge ou de la Sainte à laquelle est dédiée la chapelle située près de son domicile.

Le vœu prend aussi la forme d'un marché : "Sauve-moi et je viendrai à la chapelle te faire une offrande". C'est ainsi que de nombreuses chapelles de Bretagne et de Normandie sont décorées d'exvotos maritimes.

Les naufrages relèvent de trois causes immédiates : navires drossés à la côte, chavirement, abordage en mer. La tempête ou la brume n'étaient pas seules en cause : il y avait aussi la vétusté du bateau, l'aptitude des hommes à lutter contre les éléments.

La fatigue des hommes, l’alcool et surtout la vieillesse de certains navires sont à l'origine de la majorité des disparitions.

On estime à 1,25 % le pourcentage des effectifs décédés au cours d'une campagne par maladie ou par naufrage.

Les bateaux de la "grande pêche" étaient dépourvus de médecin. Les secours extérieurs étaient apportés principalement par les navires de la Marine Nationale, et par les navires hôpitaux des "Oeuvres de la Mer". La Société des Oeuvres de la Mer était une société privée catholique, reconnue d'utilité publique, qui fut créée en 1894, et l'apostolat se concrétisa aussi par des « maisons de marins » destinées à lutter contre les abus d'alcool, mais aussi à vocation de centre d'enseignement

Les pêcheurs d'Islande, "ces galériens de la mer" vivaient dans les conditions très défavorables qui contribuaient à aggraver les affections telles que panaris, gelures, scorbut, tuberculose...

L'éloignement, la rudesse du climat, et les dures conditions de travail favorisaient par ailleurs un alcoolisme qui n'était pas le, moindre des fléaux qui touchaient ces hommes.

En 1903, le nombre de voiliers cordiers armés pour pêcher sur les bancs de Terre-Neuve, atteint son maximum: 436 pour 10.666 hommes embarqués. Mais l'année suivante, les morutiers à voile commencent à être moins nombreux.

La Guerre 1914-1918 la concurrence des chalutiers à vapeur, le fléchissement des cours de la Morue, les nouvelles Lois Sociales et le vieillissement d’une flottille non renouvelée ont provoqué la disparition de ce type de pêche.

Si Marseille a vu très tôt disparaître en 1890 ses, terre-neuvas, Saint-Malo fut le dernier port français à armer des voiliers morutiers : en 1948, le « lieutenant GUILLON » trois-mâts mixte à coque d'acier fut le seul bateau à voile à entreprendre une campagne de grande pêche vers l’Amérique septentrionale.

Vers le déclin du « Grand metier »





Il faut pêcher plus loin, plus vite, un poisson de qualité et le livrer frais ou parfaitement conditionné à des consommateurs rendus exigeants par les améliorations apportées à d’autres secteurs de l’alimentation.

D’où l’arrivée des navires usines permettant, à la fois la pêche et le conditionnement du poisson sous une forme marchande dés l’arrivée au port.

La France tire des avantages incontestables de son passé historique car elle a fréquenté de tout temps les champs d'activité traditionnels de la grande pêche, que ce soit le Nord-ouest Atlantique ou les cotes de la Norvège et la mer de Barentz. Mais depuis la révision des accords d'Ottawa (1 er Janvier 1977), signés en Mars 1972 et qui garantissent notre pays contre une extension des eaux canadiennes au-delà des douze milles, nos chalutiers doivent posséder une licence pour avoir le droit de pêcher dans les eaux canadiennes qui ont été étendues à deux cents milles lors de cette révision, sauf dans le secteur 3M (I.C.N.A.F). Outre cette extension, les chalutiers français sont obligés de communiquer chaque semaine les tonnages se trouvant à bord. Les délais d'annonce sont de vingt-quatre heures avant d'entrer dans les eaux sous contrôle et soixante-douze heures avant d'en sortir afin de donner le temps d'exercer un dernier contrôle sur la cargaison.

A titre d'exemple, le quota accordé à la France en 1977, s'élevait à trente-quatre mille cents tonnes dans les eaux canadiennes, à raison de quatre mille cents tonnes à Saint Pierre et Miquelon et trente mille tonnes pour la flotte métropolitaine.

Les dures conditions d'exploitation au Labrador (état des glaces, météorologie) et à l'Est de Terre-Neuve (2J‑3K‑3L‑ (I.C.N.A.F) amènent les chalutiers français à délaisser ces régions ou les captures de morues s'élevaient à quatre-vingt-deux mille tonnes en 1968. Ainsi la France laisse ses quotas de morue s'amenuiser d'année en année dans ces régions, exerçant préférentiellement son activité au large de la côte occidentale de Terre-Neuve.

D'autre part, la France rencontre des difficultés pour faire reconnaître des possibilités de pêche correctes pour des espèces pour lesquelles nous n'avons pas d'antériorité: car nos navires, devenus polyvalents, pourraient les pêcher et ainsi améliorer la productivité des campagnes effectuées dans ces régions. C'est le cas notamment du hareng que nous pourrions pêcher dans le golfe de Saint Laurent et devant les côtes des USA.

Les accords d'Ottawa en vigueur jusqu'au 15 Mai 1986 n'ont pas été reconduits. Les quotas alloués sont en baisse sensible tous les ans ce qui eut pour effet de repousser les navires métropolitains chez eux, Fécamp depuis 1987, Saint Malo depuis 1991, pour la grande pêche il.n'y.a qu'une seule alternative, survivre tant bien que mal jusqu'à ce que le moratoire décidé par le Canada en 1992 sur toutes les zones ne soit qu'un mauvais passage aussi bien pour les armements métropolitains qui n'ont pas été épaulés par les gouvernements successifs et aussi le seul armement de Saint Pierre et Miquelon (INTERPECHE) qui s'était modernisé avec deux nouveaux navires très performants et de nouveaux aménagements à terre.

En Août 1992 la fin de l'espoir pour les deux entreprises locales avec le verdict de Tribunal International de New York qui ne donna plus à l'archipel qu'une zone de douze milles nautique autour des îles et un couloir plein Sud sur deux cents milles et d'une largeur de dix milles, véritable affront pour des pêcheurs qui sont la depuis cinq siècles, d'autant que la France à participé en grande partie à l'évolution de la pêche et à la prospérité de Saint Pierre et Miquelon depuis tout ce temps.

Des grands ports de pêche comme Fécamp ou Saint Malo qui furent les pionniers avec les Basques pour le développement de la pêche devraient être encore sur les bancs à exercer leur métier aux cotés des Saint Pierrais et Miquelonnais; Ce problème en général a été négocié sur une politique de pêche alors qu'on aurait peut être du le traiter sur un plan de politique générale et de diversification économique.

Depuis 1970 les armements français ont commencés à quitter les zones dès les premiers conflits. C'est à ce moment que la France devait prendre le problème à bras le corps et non vingt ans plus tard, d'autant que le stock de morue de Terre-Neuve n'est ni dans une phase alarmante ni en surexploitation, la réglementation étant appliquée de manière très stricte.( maillage, engins de pêche, taille des navires, surveillance accrue des Gardes Cotes)

Au nom de la protection de la ressource le Canada a réussi a imposer sa loi dans sa zone économique des 200 milles Même l'archipel de Saint-Pierre a fini par être asphyxiée. Depuis trois ans les grands bancs font l'objet d'un moratoire

Les ports de Fécamp du Havre et de Bordeaux dorment plus, ces grands chalutiers qui avaient commencé, avant guerre, à prendre le relais des goélettes. Et si Saint-Malo est toujours debout ses chalutiers-usines ont du s'en aller traquer le cabillaud sous d’autres cieux, Groenland Labrador mer de Barentz et se reconvertir sur d'autres espèces, notamment la crevette., La Comapêche qui, entre autres choses, alimente en merlan bleu une usine spécialisée dans la fabrication de surimi. Ailleurs, à Boulogne, à Dieppe à Lorient, la grande pêche s'est aussi modelé un nouveau visage. Les chalutiers-usines, se sont adaptés eux évolutions du marché. Il ne suffit plus de surgeler. il faut à bord, préparer du «sens arête »

Les navires de la pêche industrielle ont cherché à coller aux linéaires de la grande distribution. Ainsi à Boulogne, des chalutiers ont armé pour Findus. À Dieppe, les Snekkar ont oeuvré pour Davigel

C'est aujourd'hui le groupe espagnol Pescanova spécialisé dans les produits de la mer, qui, après avoir absorbé Interpêche de Saint Pierre et Miquelon, a repris Les intérêts de l'armement lorientais Jégo Quéré.

Mais certains groupes ne se contentent pas d'un simple compagnonnage .Ils intègrent le navire dans leur propre stratégie

Ainsi Intermarché avec le « Kerguelen de Trémarec », de l'armement Comata Ce chalutier pêche aux abords des lointaines îles des Kerguelen et quatre autres navires, de l’armement Pétrel, défendent aujourd’hui les intérêts des Mousquetaires.

Le temps a passé. La société Interpeche, filiale du groupe espagnol Pescanova a baissé pavillon.

On ne pêche plus la morue à Saint Pierre qui pleure un passé englouti dans les profondeurs du Droit de la mer !
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MessageSujet: Re: la pêche à la morue   Lun 2 Aoû - 18:11




Pendant plusieurs siècles, la pêche à la morue a tenu une place prépondérante dans l’économie de plusieurs régions de notre littoral. Elle a fait vivre la Baie de St-Brieuc, la côte de Goëlo et du Trégor autant que St-Malo, Fécamp ou Dunkerque. A l’apogée de la pêche à Islande Paimpol armait 80 goélettes, une flotte imposante qui non seulement donnait du travail aux « gens de mer » mais nécessitait l’existence de nombreuses activités commerciales, artisanales et industrielles directement liées à l’armement des navires et à la vente de la « morue verte » et de la « morue sèche ».Chaque année du milieu de l’hiver au début du printemps, des centaines de goélettes ou trois-mâts et leurs matelots partaient pour des campagnes de six à huit mois, à des milliers de kilomètres de nos côtes.

Jusqu’en 1900 les voiliers eurent l’exclusivité de cette pêche, avant que les chalutiers n’apparaissent. 1935 marque la fin de la pêche sur des navires à voiles. Les équipages étaient composés de marins, mais aussi de nombreux paysans qui retrouvaient leurs champs au retour- si toutefois ils revenaient… Dans ces mers froides et dangereuses où sévissent tempêtes violentes et brumes épaisses, la menace de mort étaient permanente.
Malgré les souffrances et les successions de sinistres endeuillant régulièrement les familles, les hommes embarquaient chaque mois de février ou de mars pour Terre-Neuve ou Islande. On y voyait volontiers pour les mousses une éducation virilisante mais surtout comme le dit une veuve d’islandais, citée par Mgr Kerleveo : « Ar bara e oa du-haut…Le pain était la-bas ».
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MessageSujet: Re: la pêche à la morue   Lun 2 Aoû - 18:15

Pêche : La morue de la discorde
Claude Péridy


Durant quatre siècles, des marins bretons ont pratiqué la pêche à la morue dans le nord de l'Atlantique. Une activité rémunératrice, certes, mais qui a traversé des périodes difficiles et connu bien des aléas et des drames.

Aussi bizarre que cela puisse paraître, la pratique religieuse est étroitement liée à l'histoire bretonne de la pêche à la morue, tout au moins à ses débuts. En ce temps-là, en effet, on ne badinait pas avec l'observation de l'abstinence alimentaire imposée, certains jours, par les commandements de l'Eglise. On n'en comptait pas moins de cent cinquante dans l'année, carême compris. C'est dire que cette règle interdisant la consommation de viande causait, sur le plan pratique, de sérieux problèmes de nourriture à la population, principalement dans l'arrière-pays, où la présence du poisson de mer frais sur les tables était exceptionnelle. Aussi les pêcheurs du nord de la Bretagne se précipitèrent-ils sur les lieux pour satisfaire les besoins du marché quand ils apprirent l'existence de bancs de morue aux environs de Terre-Neuve entre l'Islande et le Canada et qu'ils eurent vent des moyens de conservation utilisés dans ces régions. En Armorique, la demande était particulièrement pressante dans les communautés religieuses où l'application stricte du précepte catholique les jours « maigres » plongeait les autorités dans l'embarras. En témoignent les interventions réitérées de l'abbaye de Beauport, à Paimpol, auprès des pêcheurs de Bréhat.

« La Jaquette » contestée
Cette épineuse question du substitut à la viande étant réglée grâce aux apports des morutiers, avec le temps, une controverse s'ensuivit rapportée par les historiens. Il s'agissait, cette fois, de savoir qui des pionniers bretons avaient ouvert la route de Terre-Neuve. Aux pêcheurs du Val-André, prétendant qu'ils étaient les premiers, ceux de Bréhat opposèrent que, lorsque « La Jaquette » de Dahouet arriva, en 1510, dans l'embouchure du Saint-Laurent, cela faisait déjà une cinquantaine d'années qu'une goélette bréhatine l'y avait précédée. Pour preuve, les transactions passées entre le patron de celle-ci et les moines de Beauport. Un argument qui toutefois ne donna pas entière satisfaction, car restait à expliquer pourquoi, sur ces terres lointaines et glacées, un certain nombre de caps et de havres portaient le nom de lieux-dits de Saint-Malo et de ses environs, tels que Saint-Lunaire, Boutitou et Saint-Julien. Ces dénominations ne témoignaient-elles pas d'une présence malouine plus ancienne encore dans ces parages ? Le débat reste ouvert encore aujourd'hui. Toujours est-il que des écrits du XV e siècle plaident dans ce sens. Ils rapportent qu'à l'époque, la morue séchait partout à Saint-Malo devant les remparts et les maisons.

Bretons contre Esquimaux
Certes, la pêche à la morue de Terre-Neuve faisait le bonheur de la population bretonne, en dépit de la saumure qui coulait dans les ruisseaux et empuantissait l'atmosphère. Pour autant elle n'allait pas sans heurts avec les autochtones canadiens et les Esquimaux du Labrador pratiquant, eux, la chasse au loup marin dans ces mêmes secteurs. Les querelles avec les pêcheurs malouins, paimpolais et briochins tournaient parfois aux affrontements sanglants. Au point qu'en 1610 les morutiers de Saint-Malo se trouvèrent dans l'obligation de solliciter l'assistance de deux navires de guerre pour assurer leur protection et ce dans le contexte du conflit armé opposant alors la France à l'Angleterre au sujet, précisément, de Terre-Neuve, chacun de ces deux pays revendiquant la possession de cette île. Vaille que vaille, pourtant, l'armement morutier breton poursuivit son développement, qui sur la côte est du Canada, qui au voisinage de l'Islande. Un recensement effectué en 1664 fait apparaître que Saint-Malo comptait à lui seul 61 bateaux équipés pour cette pêche.

Les risques du métier
Les autres ports « islandais » du nord de la Bretagne n'étaient pas en reste. Paimpol, pour sa part, en possédait près d'une centaine à la fin du XIX e siècle. L'armement morutier progressait sur la Manche, mais pas seulement en nombre. Contredisant les prévisions de l'eexplorateur malouin Jacques Cartier qui, en 1550, déclarait qu'on ne verrait jamais en Bretagne de navires de pêche jaugeant deux cents tonneaux, un siècle plus tard Saint-Malo possédait sept terre-neuviers dépassant ce tonnage et, peu de temps avant la Révolution, la moyenne des bateaux bretons armés pour la morue s'élevait à 190 tonneaux. La sécurité des équipages n'en était pas pour autant mieux assurée. A Terre-Neuve, le navire jetait l'ancre dans les hauts-fonds et les hommes se répartissaient par groupes de quatre dans les doris qui partaient à la recherche des bancs de poissons. Sur la mer formée, le danger était ici quasi permanent, tant pour les pêcheurs penchés sur leurs lignes que pour le voilier lui-même. Durant les quatre-vingt-trois années de la grande aventure paimpolaise en Islande, cent-vingt goélettes ne revinrent jamais à leur port d'attache et l'on dénombra environ deux mille victimes.

La foire aux matelots
Le recrutement des marins s'effectuait vers douze ou treize ans. E l'entrée de l'hiver, les patrons de morutiers faisaient le tour des auberges de campagne à la recherche de jeunes paysans désireux de quitter la terre dans l'espoir d'un avenir meilleur. Par ailleurs, se tenait, en décembre, au Vieux-Bourg, près de Saint-Malo une foire annuelle où, venant des localités voisines, se rassemblaient les candidats à l'embarquement. D'autres, enfin, reconnaissables à leurs béret et chemise de laine, venaient directement tenter leurs chances sur les quais de Saint-Servan et de Saint-Malo. L'accord se concluait généralement dans un cabaret voisin, devant une bolée de cidre ou un verre d'eau-de-vie, avec, en prime, un petit acompte en espèces sur le montant des pêches à venir. Plus le ciré, la couverture de laine et la paillasse. Toutefois, le contrat comportait aussi des désavantages qui, souvent, passaient inaperçus des futurs matelots ne sachant ni lire ni écrire. En cas de naufrage, par exemple, ils étaient tenus d'embarquer sur un autre bateau, sans compensation de salaire, les fortes têtes étant traduites en Justice.
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